jeudi 12 janvier 2012

les droits des unes protègent les droits de tous

Quelle inquiétante nouvelle : le gouvernement Harper cherche encore une fois à défaire les droits reconnus par la Charte canadienne en refusant de reconnaître le droit d'un couple à divorcer. Un couple de femmes, bien sûr.
Selon le reportage de Sébastien Saint-François au TJ midi (téléjournal midi de Radio-Canada), la raison invoquée par le fédéral est que ces femmes, Américaines, n'auraient pu se marier au Canada puisqu'elles ne pouvaient le faire légitimement dans leur propre pays. C'est là une approche vicieuse qui menace les droits de tous en choisissant des cibles où la majorité ne se sentira pas concernée et des gens qui ne risquent pas de contester en cour. Bien des droits reconnus ici, celui à l'expression par exemple, ne le sont pas partout. Empêche-t-on alors ceux qui viennent d'ailleurs de s'exprimer ? Je reprends ici un extrait de l'article lié à cette chronique (radio-canada.ca).


L'avocat Julius Grey, spécialiste dans la défense des libertés individuelles, abonde dans le même sens.
« Ce genre d'interprétation étroite et mesquine, c'est précisément la façon de rendre caduque la Charte. Ils ne vont jamais l'annuler [...], mais en faisant ce genre de distinctions, on rend la charte sans objet. » — Julius Grey


La Charte protège toutes les citoyennes et tous les citoyens, lui introduire des exceptions c'est la fragiliser, l'invalider. Le fait que ce soit des lesbiennes non-canadiennes qui sont visées n'est pas innocent. La majorité restera silencieuse pour ces femmes... et verra ses droits s'effriter sans mots dire et sans maudire. Tout peuple doit rester vigilant. La montée du nazisme ne s'est pas faite auprès d'un peuple sans ressources et le nazisme fût, avec toutes ses horreurs, avec des stratégies camouflant auprès des citoyens ordinaires les dessous de la tyrannie. Bien présomptueux est celui ou celle qui croit que cela ne peut se reproduire, ici en particulier.  
Il semble que d'autres aspects juridiques des mariages n'aient pas été respectés, par exemple la durée requise de vie au Canada, erreur administrative qui arriverait assez fréquemment. J'insiste, c'est à un couple de lesbiennes qui désirent maintenant divorcer que la machine s'en prend et se met en branle. Ce n'est pas innocent.


Apprendrons-nous aussi par les médias que, tiens, on vient d'abolir tel ou tel droit ?

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