On dit des gens de lettres qu'ils n'ont pas la bosse des maths. On dit des matheux qu'ils performent moins en langue. Pourtant, un de mes profs, un jour, affirma que si l'on était bon dans l'un, on l'était dans l'autre. Chose certaine, du moins sur le plan scolaire, cette hypothèse s'appliquait bien à moi. Ayant grandi entre une mère amoureuse du français et un père enseignant en mathématiques, je sombrai dans l'amour des deux disciplines.
J'ai terminé mes déclarations fiscales, communément nommées rapports d'impôt. Plaisir honteux, je les fais toujours sur formulaires papier. J'éprouve un bonheur anxieux lors de la pratique annuelle de cet exercice. Le délice des chiffres et le souci de la dette potentielle. Étrange tourment puisque si je leur en devais, c'est que j'aurais gagné suffisamment et peut-être enfin dépassé le revenu médian tiré de la création littéraire par les auteurs du Québec, soit 2450 $ par année. Je penche encore dans la mauvaise moitié.
Mais je garde espoir, celui qu'un jour les lettres et les chiffres se conjuguent en harmonie. Pourvu que le plaisir reste.
lundi 25 mars 2013
dimanche 10 mars 2013
Ce n'est pas parce que je n'écris pas que je n'écris pas
Que l’assiduité m'est difficile ! Déjà un mois que je n'ai rien écrit ici ! Pourtant, il s’en est passé des choses.
D'abord, je précise, j'écris toujours. Une nouvelle sera publiée en avril 2013 dans la revue L'Écrit primal : On ne me tuera pas deux fois. J'ai également participé au jury de ce numéro spécial Camus. Une seconde nouvelle attend une réponse, j'espère. De plus, je poursuis le travail sur mon roman. Voilà côté création. Et puis, il y a les propositions de projets, les demandes de bourse... et les déclarations fiscales qui sont commencées. Côté pragmatique, quoi !
Et ce qui s'en vient, outre l'écriture. Mars servira à la préparation d'événements, deux animations et une table ronde, qui se tiendront en avril.
11 avril 2013, UQAM : je suis invitée à une table ronde, intitulée « Visibilité des enjeux et réseaux de lesbiennes », organisée par la Chaire de recherche sur l'homophobie.
17 avril 2013, Université Laval : lancement du numéro 48 de l'Écrit primal.
18 avril 2013, Centre des femmes de Verdun : rencontre d'auteure titrée « Sortir un livre de soi ».
23 avril 2013, GRIS-Québec : animation de l'activité « Sortez vos livres du placard ! » dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.
Finalement, j'aurai le plaisir de travailler au stand de Gallimard pendant le Salon international du livre de Québec, qui se tient du 9 au 14 avril. J'attends mon horaire incessamment.
Un mois d'avril enlevant précédé d'un mois de mars qui l’est tout autant.
Et l'on vient d'ajouter une heure de lumière aujourd'hui, c'est formidable!
D'abord, je précise, j'écris toujours. Une nouvelle sera publiée en avril 2013 dans la revue L'Écrit primal : On ne me tuera pas deux fois. J'ai également participé au jury de ce numéro spécial Camus. Une seconde nouvelle attend une réponse, j'espère. De plus, je poursuis le travail sur mon roman. Voilà côté création. Et puis, il y a les propositions de projets, les demandes de bourse... et les déclarations fiscales qui sont commencées. Côté pragmatique, quoi !
Et ce qui s'en vient, outre l'écriture. Mars servira à la préparation d'événements, deux animations et une table ronde, qui se tiendront en avril.
11 avril 2013, UQAM : je suis invitée à une table ronde, intitulée « Visibilité des enjeux et réseaux de lesbiennes », organisée par la Chaire de recherche sur l'homophobie.
17 avril 2013, Université Laval : lancement du numéro 48 de l'Écrit primal.
18 avril 2013, Centre des femmes de Verdun : rencontre d'auteure titrée « Sortir un livre de soi ».
23 avril 2013, GRIS-Québec : animation de l'activité « Sortez vos livres du placard ! » dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.
Finalement, j'aurai le plaisir de travailler au stand de Gallimard pendant le Salon international du livre de Québec, qui se tient du 9 au 14 avril. J'attends mon horaire incessamment.
Un mois d'avril enlevant précédé d'un mois de mars qui l’est tout autant.
Et l'on vient d'ajouter une heure de lumière aujourd'hui, c'est formidable!
dimanche 27 janvier 2013
Sans paroles mais non sans mots
Me voilà rendue en un lieu de silence. Quoiqu'il y a un parloir, dont j'userai sans doute. Mais Skype j'éviterai. Ne pas parler avec la maison, les amies, les proches. Tentée d'être avec moi-même, sans plus. Tentée de faire le point avec les morts de 2012, mon père en particulier. Il ne voulait pas mourir. Je ne voulais pas qu'il meure. Mais voilà, nos volontés n'y peuvent pas grand-chose. Ce vide qui rend absurde le passage ici-bas.
Je lis Camus de ce temps-ci, Le premier homme, oeuvre inachevée qu'il avait avec lui lors de l'accident fatal. Il y est tant question de l'intensité de la vie, cela me ramène et me fait du bien. Et une oeuvre en devenir, à toujours inachevée, et cet accès impudique à sa démarche. C'est une sorte de privilège, d'héritage. Une réflexion qu'il permet de poursuivre.
J'apporte du matériel pour écrire. Pas tellement en création comme en réflexion. Des mots commencés lors du cancer que j'ai eu, cahier qui est devenu un cahier de morts. Je n'ai pas eu le temps de m'occuper d'eux tous, surtout les derniers. Des morts que je n'ai pas pris le temps de coucher en mots. Je leur ferai une place dans mon cahier.
Ce sera trop court, je le sais. Ce sera cela. La vie est un acte inachevé, toujours. À moins que ce ne soit la mort.
Je serai sans paroles, dans le silence, mais non sans mots.
Pour quelques jours, j'entre au Monastère.
Je lis Camus de ce temps-ci, Le premier homme, oeuvre inachevée qu'il avait avec lui lors de l'accident fatal. Il y est tant question de l'intensité de la vie, cela me ramène et me fait du bien. Et une oeuvre en devenir, à toujours inachevée, et cet accès impudique à sa démarche. C'est une sorte de privilège, d'héritage. Une réflexion qu'il permet de poursuivre.
J'apporte du matériel pour écrire. Pas tellement en création comme en réflexion. Des mots commencés lors du cancer que j'ai eu, cahier qui est devenu un cahier de morts. Je n'ai pas eu le temps de m'occuper d'eux tous, surtout les derniers. Des morts que je n'ai pas pris le temps de coucher en mots. Je leur ferai une place dans mon cahier.
Ce sera trop court, je le sais. Ce sera cela. La vie est un acte inachevé, toujours. À moins que ce ne soit la mort.
Je serai sans paroles, dans le silence, mais non sans mots.
Pour quelques jours, j'entre au Monastère.
samedi 12 janvier 2013
recherche et écriture
Les sujets imposés sont une source intarissable de découvertes. C'est formidable ! Les concours offrent ces opportunités, tout comme les contrats de rédaction ou d'animation thématiques. Là, c'est le monde de l'Algérie et de Camus qui m'habitent. Je vais de recherches en révélations, c'est fabuleux ! On croit avoir une idée, une opinion et, encore une fois, on se fait confirmer que l’on ne connaît rien. Enfant, je rêvais d'être une exploratrice, l'écriture m'a offert cette voie.
C'est à L'écrit primal que je dois cette actuelle incursion. Son invitation m'a permis une plongée dans un monde, dans une humanité qui m'est peu familière. L'histoire des femmes, des enfants et des hommes demeure ce qu'il y a de plus émouvant. Tant de rêves, tant de déceptions. De toutes parts.
C'est à L'écrit primal que je dois cette actuelle incursion. Son invitation m'a permis une plongée dans un monde, dans une humanité qui m'est peu familière. L'histoire des femmes, des enfants et des hommes demeure ce qu'il y a de plus émouvant. Tant de rêves, tant de déceptions. De toutes parts.
samedi 22 décembre 2012
Qu'en dirait Maya?
Le 14 décembre, lorsque je pris les nouvelles sur le web, l'image de ces enfants terrorisés sortants de leur petite — si petite —, école me frappa de plein fouet. Seule dans la maison, je m'exclamai : « Pas encore ! » les yeux remplis de larmes. Que cesse l'innommable ! Et je fus aussitôt accablée par cette autre pensée : celle des enfants qui meurent quotidiennement, en Syrie ou ailleurs. Cette école ressemblait trop à celle de nos enfants, le climat, le paysage, les vêtements. Les autres pouvaient être oubliés.
Et après ?
Il y a les tragédies, puis le voyeurisme. Que cesse la mitraille médiatique de ces drames ! Non qu'il ne faille savoir. Mais il y a une telle indécence à faire la Une internationale avec ces événements. Une telle indécence à s'étendre sur ces tragédies. Être témoins, informés, oui. Toutefois, en voyant la nouvelle, tous savaient qu'il y en aurait pour des jours. On a même affecté un policier par famille afin de les protéger de l'invasion... des médias. Et ces médias servent la population, nous ? Tous voyeurs. J'aurais aimé que ces policiers puissent prévenir l'acte.
Lâchement peut-être, j'aurais aussi aimé ne pas l'apprendre ainsi. Pas si brutalement, ou plus tard. Y être préparée, l'avoir entendu par quelqu'un ou sur les ondes avant de voir ces regards d'enfants. Et ceux qui l'ont vécu eux ? Ils n'ont pas eu le temps de rien apprendre, plongés dans la tragédie. Mais cela, c'est une autre histoire.
Puis il faut comprendre les causes, ou la cause. Les armes appartenaient à la mère, assassinée elle aussi.
Une Américaine comme les autres.
Bien sûr, c'est la faute à la mère, encore. Une vieille, très vieille histoire. Elle aimait ses armes et ses enfants, sans doute. Ou le contraire. Elle avait enseigné les armes à son fils, un enfant timide, introverti, semble-t-il. Dans un pays ou la possession d'armes à feu est un droit constitutionnel, elle remplissait son devoir maternel, enseigner à son fils le devenir citoyen. Une mère comme les autres. La psychologie suggère si souvent de trouver des activités valorisantes, d'aider les mâles de l'espèce à prendre assurance selon des modèles de genre. Dans ce cas, ce fut au-delà de toute espérance. Et comme il est parfois difficile pour un fils de couper le cordon, le meurtre de la mère demeure une issue. La symbolique ne lui suffisait pas. La mère assassinée, assassine à ses yeux de son « je » incertain. Le meurtre des enfants dont elle s'occupait va dans ce sens, il lui fallait effacer toutes traces de survivance de sa mère. Des enfants qu'elle aimait trop, peut-être. Une mère qui a aimé de tout son coeur-courage. Celui des femmes.
Avez-vous noté le courage de toutes ces femmes, directrice, psychologue, enseignantes qui ont tenté d'arrêter, de tromper le tireur? Elles ont sacrifié leur vie pour sauver des enfants, des enfants qui n'étaient pas les leurs. Dans ce pays l'on reconnaît le bruit des balles. Je me rappelle d'une autre tuerie — au déroulement différent, il est vrai —, où bien des hommes sont restés traumatisés de leur inaction, la peur ayant été plus forte. Je n'aurais peut-être pas mieux fait qu'eux.
Je salue le courage de ces femmes.
Je déraille. Ne suis pas experte et ne prétends pas expliquer. Je cherche comme tant d'autres une piste de compréhension, s'il peut en exister une. On invoquera la folie, cela est certain, mais toute folie s'inscrit dans une société, ses valeurs. Toute folie meurtrière est expression — explosion — des tensions sociales internes d'une culture.
Maya
Un cycle du calendrier maya s'est achevé hier. C'est peut-être pour cela que j'aborde ces questions maintenant, en dehors de leur immédiate actualité. Selon les Mayas, un cycle serait terminé, un nouveau, un meilleur commencerait. La petite ville s'appelait Newtown. Puissent les allégations mayas se confirmer.
Et après ?
Il y a les tragédies, puis le voyeurisme. Que cesse la mitraille médiatique de ces drames ! Non qu'il ne faille savoir. Mais il y a une telle indécence à faire la Une internationale avec ces événements. Une telle indécence à s'étendre sur ces tragédies. Être témoins, informés, oui. Toutefois, en voyant la nouvelle, tous savaient qu'il y en aurait pour des jours. On a même affecté un policier par famille afin de les protéger de l'invasion... des médias. Et ces médias servent la population, nous ? Tous voyeurs. J'aurais aimé que ces policiers puissent prévenir l'acte.
Lâchement peut-être, j'aurais aussi aimé ne pas l'apprendre ainsi. Pas si brutalement, ou plus tard. Y être préparée, l'avoir entendu par quelqu'un ou sur les ondes avant de voir ces regards d'enfants. Et ceux qui l'ont vécu eux ? Ils n'ont pas eu le temps de rien apprendre, plongés dans la tragédie. Mais cela, c'est une autre histoire.
Puis il faut comprendre les causes, ou la cause. Les armes appartenaient à la mère, assassinée elle aussi.
Une Américaine comme les autres.
Bien sûr, c'est la faute à la mère, encore. Une vieille, très vieille histoire. Elle aimait ses armes et ses enfants, sans doute. Ou le contraire. Elle avait enseigné les armes à son fils, un enfant timide, introverti, semble-t-il. Dans un pays ou la possession d'armes à feu est un droit constitutionnel, elle remplissait son devoir maternel, enseigner à son fils le devenir citoyen. Une mère comme les autres. La psychologie suggère si souvent de trouver des activités valorisantes, d'aider les mâles de l'espèce à prendre assurance selon des modèles de genre. Dans ce cas, ce fut au-delà de toute espérance. Et comme il est parfois difficile pour un fils de couper le cordon, le meurtre de la mère demeure une issue. La symbolique ne lui suffisait pas. La mère assassinée, assassine à ses yeux de son « je » incertain. Le meurtre des enfants dont elle s'occupait va dans ce sens, il lui fallait effacer toutes traces de survivance de sa mère. Des enfants qu'elle aimait trop, peut-être. Une mère qui a aimé de tout son coeur-courage. Celui des femmes.
Avez-vous noté le courage de toutes ces femmes, directrice, psychologue, enseignantes qui ont tenté d'arrêter, de tromper le tireur? Elles ont sacrifié leur vie pour sauver des enfants, des enfants qui n'étaient pas les leurs. Dans ce pays l'on reconnaît le bruit des balles. Je me rappelle d'une autre tuerie — au déroulement différent, il est vrai —, où bien des hommes sont restés traumatisés de leur inaction, la peur ayant été plus forte. Je n'aurais peut-être pas mieux fait qu'eux.
Je salue le courage de ces femmes.
Je déraille. Ne suis pas experte et ne prétends pas expliquer. Je cherche comme tant d'autres une piste de compréhension, s'il peut en exister une. On invoquera la folie, cela est certain, mais toute folie s'inscrit dans une société, ses valeurs. Toute folie meurtrière est expression — explosion — des tensions sociales internes d'une culture.
Maya
Un cycle du calendrier maya s'est achevé hier. C'est peut-être pour cela que j'aborde ces questions maintenant, en dehors de leur immédiate actualité. Selon les Mayas, un cycle serait terminé, un nouveau, un meilleur commencerait. La petite ville s'appelait Newtown. Puissent les allégations mayas se confirmer.
dimanche 2 décembre 2012
Unité 9, une histoire de femmes
Je ne suis pas une grande téléphage, mais quand j'accroche, j'accroche. Une vraie dépendante affective. Je m'attache aux personnages, ne veux rien manquer de ce qui leur arrive, bloque mon agenda, met le répondeur et, si j'avais un cellulaire, l'éteindrais.
Je me demande s'il ne s'agit pas d'une première dans le paysage télévisuel québécois : une histoire de femmes où les personnages principaux et secondaires sont tenus par des femmes (les rôles d'hommes arrivent après, même s'ils sont, pour la plupart, en situation de pouvoir). Le propos est l'histoire de ces femmes, leurs interactions, leur sexualité même. Il est rare que l'on parle de la sexualité des femmes en l'absence de la présence physique des dits hommes. Pas question des mésaventures sexuelles ou amoureuses ici, mais bien de leurs besoins tout courts. Et à une heure de grande écoute, enfin ! Depuis le temps que l'on voit au lit des couples hommes-femmes et que l'on évacue les besoins des femmes, cela fait changement. Mais ce qui est également intéressant, c'est que pour ce faire, on a dû enfermer ces femmes.
Je me demande s'il ne s'agit pas d'une première dans le paysage télévisuel québécois : une histoire de femmes où les personnages principaux et secondaires sont tenus par des femmes (les rôles d'hommes arrivent après, même s'ils sont, pour la plupart, en situation de pouvoir). Le propos est l'histoire de ces femmes, leurs interactions, leur sexualité même. Il est rare que l'on parle de la sexualité des femmes en l'absence de la présence physique des dits hommes. Pas question des mésaventures sexuelles ou amoureuses ici, mais bien de leurs besoins tout courts. Et à une heure de grande écoute, enfin ! Depuis le temps que l'on voit au lit des couples hommes-femmes et que l'on évacue les besoins des femmes, cela fait changement. Mais ce qui est également intéressant, c'est que pour ce faire, on a dû enfermer ces femmes.
mercredi 7 novembre 2012
Salon du livre à Saint-Jean-Port Joli
| Le 21e Salon se tiendra les 10 et 11 novembre 2012 | |
Le Salon du livre de la Côte-du-Sud a été fondé en 1991. Il est dirigé par un comité de bénévoles dont l'objectif principal est d'offrir aux auteurs l'opportunité de rencontrer leurs lecteurs chaque automne. Le 21e Salon se tiendra les 10 et
11 novembre 2012 à Saint-Jean-Port-Joli (Capitale culturelle 2005) à la Salle des Bâtisseurs, située au 390, rue Verreault. lire la suite J'aurai le plaisir d'y tenir un stand les samedi et dimanche. Quel endroit rêvé puisque le roman Trabouler se déroule dans un village de la Côte-du-Sud ! Au plaisir ! | |
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