Affichage des articles dont le libellé est écriture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est écriture. Afficher tous les articles

mercredi 17 août 2016

Bribes cherchent route

Bribes de phrases, amalgames de mots, images évanescentes. Après des mois tranquilles à passer au travers chaque journée, faible du matin au soir, à sommeiller beaucoup, à tenter des nuits pas trop entrecoupées, à récupérer l’énergie évaporée, j’émerge doucement. Je lis.

Des journaux, puis des romans, des nouvelles, de l’écriture poétique. Depuis une quinzaine, une bifurcation : revues de photographie, sans toucher à l’appareil; livre sur l’écriture de fiction, deux textes me font des clins d’œil que j’évite; des feuilles de musique s’installent au lutrin, les instruments demeurent presque silencieux. Un espace créatif serait-il en train de se remettre en place?

Une amie m’a gentiment dit que j’avais dû me tourner vers l’intérieur, étape nécessaire. J’avais si peu de capacité. Par moment, il fallait que deux ou trois préposés s’assistent pour me tourner un peu sur le côté dans le lit hospitalier. Et je les rappelais quelques heures plus tard pour un nouveau virement. Pourtant, cela ne me démoralisait pas. C’était là, comme ça, pour ce moment précis. Et l'on se remémorait cela, il y a quelques jours, en riant comme des malades.

Même si l’on ne connaît jamais l’issue de tels passages, l’on sait tout de même qu’il y en aura une, qu’elle soit à notre goût ou non. Nous sommes des êtres mortels.

Et voilà que j’émerge, pas neuve, modifiée, progressivement fonctionnelle. Toujours vivante. Toujours en traitement et en attente d’autres traitements. Mais vivante, à me demander ce qui m’importe pour aujourd’hui. À être à l’écoute des fragments d’imaginaires qui se pointent ici et là.

Et je lis à propos d’espaces de création. Ces quelques mots se dessinent à l’écran.

Aujourd'hui, les enfants recevront des bleuets cueillis par ma compagne et des tomates cerises de son jardin.




© Tous droits réservés, Colette Bazinet, 2016



vendredi 11 décembre 2015

Ne pas rester dans l'attente

Écrire est un acte long. Pour moi, du moins. Par ailleurs, cette patience nourrit. Écriture, rêverie, lecture, cogitation, écriture, recherche, documentation, rencontres. Relecture, réécriture. Un processus lent et plein de charme dont je ne me lasse pas. La plupart du temps. À certains moments, il m'arrive de devenir incapable d’entrevoir le texte; je le fuis, je fugue, je dérape alors de maintes façons afin d'y échapper. Comme dans tout métier, il a ses heures moins lumineuses, voire sombres. N'empêche, il faut bien prendre congé aussi à l'occasion. Alors voilà, j'ai transmis un texte à quelques maisons d’édition : permission m’est accordée pour un répit. Mais.

Cela prendra des mois avant de recevoir une réponse, pour ceux qui en donnent une (oserai-je « qui daigne en donner une »?). D'autres mois et peut-être même des années avant qu'il soit publié, s’il est accepté quelque part, des éditeurs affichant des calendriers de production remplis pour les trois prochaines années. Peut-être ont-ils de la place et veulent-ils simplement ralentir les ardeurs des écrivantes et écrivants? Mission accomplie, je m’octroie une pause d'écriture. Après une quinzaine, voilà qu'un malaise s'insinue dans mon quotidien. Ce n'est pas que la dépression saisonnière ou le couvert nuageux qui ne nous lâche pas, ou le manque de lumière dû à l'absence de neige et la proximité du solstice. Il s'agit de cette sorte de marasme qui vous envahit lorsque vous perdez pied et confiance, que plus rien ne semble aller alors qu'aucun signal ne va pourtant en ce sens. Une atonie envahissante : la résultante de l'attente. Fin de trêve, il ne reste qu'une inertie malveillante. Avant que la sclérose ne s’établisse entière et complète - je la vois venir, elle m'est familière-, je dois agir.

Je sors un projet en cours et l'affiche à l'écran. Ne plus penser à l'autre, avancer. Seule médecine.



© Colette Bazinet 2015

samedi 10 octobre 2015

un déménagement qui gruge

Quel été! Chercher un appart, faire des boîtes, choisir un déménageur, procéder, déballer, ranger, retoucher, classer, se décourager, suer. Quand ce n'est pas un choix, la motivation est mitigée, les émotions, du moins les miennes, s'orientant davantage vers la colère et la frustration plutôt que vers l'emballement à me convaincre que «c'est pour du plus!»

L'idée d'un bail se terminant le 31 août me revient. Éviter la cohue tant pour la recherche d'un habitat que pour la réservation d'un déménageur, payer un juste prix plutôt que le double lors des transbahutages du premier juillet. Il y a toujours des logements libres. En pleine pénurie, quand je suis arrivée à Québec à l'été 2001, j'ai emménagé dans les délais qui m'étaient alloués. Quand il a fallu agrandir parce que ma fille venait me rejoindre, j'ai trouvé pour le premier février. Alors, on a opté pour la date du premier septembre — en plein hiver quand même, on évite! Mauvais calcul. La belle saison y passe au grand complet. Mon journal de bord le confirme.

bateau stationnaire 
J'ai parcouru moins de 100 milles nautiques cette saison. Mon pire bilan de voile. Même l'année de mon cancer, qui s'était manifesté en juin pour une chirurgie en juillet, 137 milles avaient été parcourus. Et nous étions revenus parce que je ne pouvais me soumettre à l'imprévisible de la météo -- en sus de tous les imprévisibles que je vivais déjà. Un déménagement qui gruge plus de temps qu'un cancer, faut le faire! Quant à l'écriture, elle en a mangé un coup! Je suis arrivée à terminer deux textes au début de l'été, mais là, faudrait que je les finalise, ces chers!

Et là, trop tard, le nouveau bail court de septembre en septembre. J'aurais dû opter pour mai.




© Colette Bazinet 2015

jeudi 7 mai 2015

Accouchement avant l'été!

C'est bien parti. Recherche, écriture et recherche et réécriture et réécriture. Révision accomplie. Correction en cours, le tiers complété. Je devrais accoucher de ce second roman avant l'été. Je l'enverrai sous peu en première lecture et puis… je verrai. J'ai un doute, peut-être restera-t-il dans les tiroirs.

Parfois, l'important, c'est de terminer un projet, peu importe la suite. Tout comme les thèses de doctorat. Leur première vertu est d'être déposées.

mercredi 18 février 2015

Les dérives du quotidien

Cours de couture, je n'écris pas. Trois jours à compléter un ajustement. Atelier d'écriture, je narre, assurément, mais à d’autres fins. Visite de la proprio : avis d'éviction du logement. Journées à évaluer, calculer, discuter des options possibles. Pas de prose créative.
Pourtant, pourtant. Je tourne autour du pot, si près du but.
C'est pour cela sans doute.
Ce roman sera soumis à l'édition en 2015: mon engagement vis-à-vis moi-même.
Suis-je encore une fois fidèle à l’adage : Courage, fuyons ?
Peut-être bien, peut-être pas. La créativité s'amuse souvent de nous, nous menant par des routes inattendues au port souhaité.
Confiance. La couture se termine samedi. L'atelier d'écriture en mars. Et je ne passerai pas six mois non-stop à la recherche d'un gîte et dans le remplissage et le vidage de boîtes.
Le roman arrivera à terme. Que la neige neige.





© Colette Bazinet, 2015

vendredi 30 janvier 2015

2015, des résolutions

   Chaque année, je me fixe des objectifs. Pas pour m'ennuyer. Pour me stimuler, me pousser un peu en avant. Se pousser, me direz-vous ? Encore ? Pourtant oui. Pas question ici de produire sans cesse et toujours davantage. Simplement, éviter de déprimer en sombrant dans le néant. Entre la vacuité et la surproduction, il y a la vie. Me donner des buts m'aide à être dedans, la vie. Certains me croient contemplative, voire hautement spirituelle. En réalité, je risque la chute en mode neurovégétatif passif et cherche à ne pas trop débrancher. Me fouetter m'énergise, comme une belle journée le nez dans l'air frais à pelleter des nuages de neige.
   Je ne les réalise pas toutes ces résolutions et, de plus, ce n'est pas grave. Parmi celles-ci, certaines concernent strictement le plaisir. Elles non plus ne se concrétisent pas toutes, mon côté travailleuse compulsive prend parfois le dessus. Toutefois, je refuse la culpabilité, luxe inutile.
   En 2014, par exemple, parmi mes objectifs se rencontraient: alimenter vingt fois ce blogue — je l'ai fait 19 — et terminer la réécriture d'un roman en chantier pour lequel, initialement, aucune échéance n’était bloquée. Le 3 janvier 2015, la réécriture était complétée, je pouvais entrer en mode révision.
   Alors en 2015, je tenterai mes 20 rencontres sur ce blogue et je souhaiterais achever la rédaction de ce roman afin de le soumettre à des éditeurs. Voilà, c'est dit.

et je continuerai à pratiquer le ukulélé, et j'apprendrai à utiliser ma machine à coudre, et je partirai en voilier, et j'aimerai, et j'aimerai.




© Colette Bazinet 

samedi 10 janvier 2015

Le courage des croyants



Hier soir, après le téléjournal, Radio-Canada diffusait le documentaire de Daniel Leconte C'est dur d'être aimé par des cons, tourné lors du procès contre Charlie Hebdo en 2007. À voir. 
Ce que j'ai le goût de retenir de l'équipe de cet hebdomadaire, c'est leur amour de la liberté et la conscience de son prix. La foi de ces athées affirmés retentit au-delà des frontières. Bien sûr, l’athéisme n'est pas nécessaire pour croire en l'humanisme, mais je crois que leur inébranlable conviction nous invite tous à une introspection. Pour ma part, j'aimerais avoir leur courage, mais trop souvent la peur l'emporte. Et quand je vois que des médias nationaux comme BBC ont décidé de ne pas diffuser les caricatures controversées (n'est-ce pas le rôle d'une caricature?), je m'inquiète non seulement de mon courage, mais de celui du pays que j'habite.

Je ne sais pas pourquoi reproduire l'image du prophète est proscrit. À ce que j'ai lu, l'interdiction ne relève pas du Coran. Et si cela relève de l'époque de Mahomet, peut-être ne voulait-il tout simplement pas être déifié. Dans les religions monothéistes, ce sont habituellement les représentations de dieu qui sont interdites, afin de ne pas idolâtrer les représentations. Ici, l'effet contraire s'est produit, du moins pour les terroristes qui ont manipulé ce tout pour la rendre conforme à leur vision. Tout cela me laisse perplexe. Toujours est-il qu'au début, le terrorisme me faisait vivre de l'impuissance.

Aujourd'hui, l'attaque contre l'équipe de Charlie Hebdo me ramène à la fierté de mes idéaux de liberté, d'égalité, de sororité et de fraternité. Que les gens qui se réclament des idéologies extrêmes et violentes, de l'intégrisme musulman ou du fondamentalisme chrétien se le tiennent pour dit. La terreur et la violence n'auront pas gain de cause ni sur la plume libre ni sur le vivre sain. Même pour le Nigéria, je garde espoir, les populations continuent avec courage de réclamer leurs filles. Qu'on les soutienne, concrètement! J'y crois.




© Colette Bazinet, 2015

dimanche 27 juillet 2014

L'été, je cesse d'écrire

   J'avais pourtant apporté tout ce qu'il faut : portable, manuscrit, carnets et cahiers. Stylos et papier également. Rien à faire. Le soir venu, tout mon être dodelinait au gré des flots. Je surprenais ma compagne en pleine lecture. Pire, elle — que l'écriture rebute — rédigeait son journal de voyage alors que je demeurais les yeux dans le vague. Ou dans la vague, ou dans l'onde éolienne, je ne sais plus. Le monde à l'envers !
Rivière-du-Loup, crédit photo Chantale Côté
   À partir du moment où j'embarque, quelque chose change. Un je ne sais quoi, un rien, une pacotille. Suffisante, tout de même, pour altérer mes projets. À moins qu'il n'en reste qu'un seul : lever les voiles. On largua les amarres, les voiles en ciseaux — une allure au portant qui demande une attention soutenue — jusqu'à notre premier mouillage au sein d'un sillon entre deux îles de l'archipel de Montmagny. L'ancre y fut mouillée. J’avoue, je me suis envasée en frôlant la batture. Nous en profitâmes : moment parfait pour la pause café. Nous nous exécutâmes: expressos accompagnés de galettes maison à l'avoine et aux raisins. Le montant souleva et dégagea le quillard; nous nous dirigeâmes vers le lieu anticipé pour y veiller et dormir. Ensorcelée. Les projets d'écriture s'envolaient.
   De son côté, le journal de bord était tenu avec rigueur, je vous assure. Météo, analyse des marées et courants, route prévue, route tenue. Ma responsabilité : je suis skipper. Les bris, les bons coups et les autres, les anecdotes, les rencontres, bien des éléments sont inscrits. En marche, je fais un peu de zèle : je note aux heures notre avancée. En mer, cela s'effectue au quatre heures. Toutefois, sur le fleuve, j'estime qu'avec les difficultés inhérentes à cette navigation, parmi les plus difficiles au monde, je ne peux prendre trop de précautions. Et mes soirées passent bien souvent en planification quoique je suis souvent dérangée par les couchers de soleil, les nuits étoilées, les colonies de pingouins qui papillonnent autour de nous, les phoques, bélugas et autres mammifères marins qui s'ingénient à nous embellir la vie. Alors une phrase s'inscrit sur un bout de papier entre des calculs de renverse de marées et de courants — non simultanées afin que rien ne soit simple —, une autre sur un brouillon de météo maritime pris au vol sur la fréquence de la garde côtière. Des ébauches de haïkus se glissent dans la paperasse. Puis des moustiques me rendent une nuit infernale et donnent naissance à un texte… Et la rédaction du journal de bord se poursuit.
   L'été, je cesse d'écrire parce que j'écris sans cesse. Le vent soulève la plume.



© Colette Bazinet, 2014

lundi 12 mai 2014

Archétypes et imaginaire

   J'ai vécu mon premier Congrès Boréal, début mai. Congrès de la littérature de l'imaginaire, du fantastique, du fantasy et de la science-fiction. Rendez-vous annuel à ne pas manquer, semble-t-il. Cette année, en le voyant annoncé sur FB par une de ses inconditionnelles, je me suis dit, go ! pour la journée du samedi. Une première fois, quand même ! Très stimulant.
   Ces rendez-vous permettent de se ressourcer, de stimuler la créativité, de rencontrer, de deviser… et de constater certaines « avancées », mot mis sciemment entre guillemets. J'assistai donc à quelques ateliers, dont celui-ci : Pourquoi la mythologie et les genres sont-ils de grands alliés ? Genres pour genres littéraires. J'ai eu deux surprises, aujourd'hui il sera question de la première.
   Causer mythologie amène rapidement les protagonistes invités à associer mythes et archétypes. Je ne discuterai pas ici de la pertinence de cette association, mais bien de ces derniers, plus précisément ceux qui concernent le genre, non pas littéraire, mais le mâle et la femelle. Comme dans Gender Studies. 
  Voilà que Marie de Bulle nous indique que lors de son cursus universitaire, il a été mentionné cinq (5) archétypes pour les personnages féminins : la mère, la vierge, la putain, la guerrière et la sorcière. Je reste estomaquée. En particulier, elle confirme qu'il s'agissait d'un cours de 45 heures, le seul traitant du sujet. J'ai oublié de demander s'il était obligatoire ou optionnel. 
   Cinq ! Après tant d'années de féminisme — que certains prétendent révolu —, les lettres sont passées de trois référents à cinq. De la vierge (et) mère et de la putain, des universitaires sont arrivés à décliner la vierge en guerrière, et la putain en sorcière pour un total de cinq modèles. Point. Pendant ce temps, Sébastien Chartrand attirait l'attention sur l'émergence de nouveaux archétypes, notamment « le méchant colonisateur ». Eux, ils ont continuellement des modèles qui se déclinent, se nuancent, se créent. 
   L'imaginaire de qui, pour qui, pour quoi? 
  En toute fin, Élisabeth Vonarburg rappellera l'importance des écrivaines féministes dans la réécriture des contes.

   Le second constat sera l'objet du prochain billet (si rien ne s'introduit d'ici là!).




© Colette Bazinet



   


samedi 22 mars 2014

Tirés par les cheveux, les personnages?

Créer un personnage, quel plaisir ! On lui donne un sexe, un âge, un style, un passé, une vie… et on le baptise ! Quoique je ne sois pas si sure de cela non plus, le personnage ne s'impose-t-il pas avec son histoire, son nom, etc. ? Peu importe, parfois je crois que c'est tiré par les cheveux. Je me demande… hum, je n'exagère pas ? Prenez l'histoire d'un prénom. Celui de l'aubergiste de l'Hôtel du Village dans mon roman Trabouler.
Dans ce roman, deux mondes se côtoient : le monde sémite antique — celui de l'histoire sainte comme disaient les anciens — et le Québec contemporain. Je ne me rappelle pas dans quel ordre c'est arrivé. Chose certaine, j'extirpais la prostituée de l'Ancien Testament, celle qui accueille les voyageurs. Accueillir les voyageurs, le plus vieux métier du monde. Je l'ai appris lors d'une formation en emploi à notre honorable ITHQ (Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec). La prostituée de Jéricho était donc aubergiste. Elle se nomme Rahab.
Dans le village de la Côte-du-Sud, il y a un hôtel et son bar tenus par une ex-toxicomane, celle qui trouvera et hébergera la femme amnésique. Comment la prénommer ? Je tire — ou elle tire — par les cheveux et voilà : elle s'appelle Rahab ! Comme celle de l'Ancien Testament ! Rahab Boisvert, Québécoise pure laine, avec un nom de famille attribué Premières Nations, Boisvert. Bon, je change un peu l'orthographe, j'écris Ra'ab pour l'ancienne, Rahab pour la nouvelle et grimace de cette gymnastique trop évidente.
Eh bien non, c'est raté, je n'ai rien inventé du tout, rien exagéré, rien tiré par les cheveux. En donnant une causerie au centre des femmes de Beauport, une des participantes, Aline, raconte : « Mon arrière-grand-mère est née à Tadoussac et a vécu à Baie-Sainte-Catherine, et bien comment s'appelait-elle ? Rahab Savard ! » Elle apprenait enfin d'où ce prénom venait.

Comme quoi, bien quoi ? Qu'est-ce que vous voulez que je dise ?


© Colette Bazinet 2014

lundi 27 janvier 2014

la neige me déménage

Le merveilleux avec l'écriture, c'est qu'elle se pratique partout, n'importe quand. Je devais revenir à Québec ce matin, voilà qu'il neige et qu'il poudre. Et bien je m'en fous ! Je sors mon ordi, portable il va sans dire, et m’installe au clavier. Je poursuis l'échange de courriel avec la responsable de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur… je concocte une activité cette année encore — éternels problèmes informatiques —, me permets un petit tour sur ce blogue et, vite, vers d'autres textes et projets. Magique !

Venue pour aider ma mère à préparer son déménagement, la neige ne retarde pas mon retour, elle me transbahute dans l'imaginaire !


© Colette Bazinet, 2014


samedi 31 août 2013

L'opium me manque



L’opium me manque. Je sais, un mirage. Il me manque quand même. L’opium dont je suis sevrée, le XXX, une variété unique dument enregistrée.
Au solstice de juin, je l’ai muté en chalet dans un village d’artistes. Touristique certes, cette région combien désirée. J’y cherchais une maison alors que j’en avais une. Alors, je l’ai amenée, cet été, rencontrer les artistes. On s’y était souvent arrêtées. Cette fois, l’escale s’est transformée en port d’attache. Bassin par ailleurs fort mal protégé de la bise, surtout avec le montant; pas dormable. L’estomac encaisse un coup avec la houle qui prend le bateau par le travers, dans un roulis non seulement incessant, mais qui peut se durcir, tirant sec sur les amarres raidies, le quillard balançant allègrement au bout de la pointe tribord pour revenir brusquement sur la bâbord, secouant le tout d’un vibrato surprenant. Des drisses claquent, les mâts se déguisent en lugubres tuyaux d’orgue.
Au début de la saison, j’ai essayé. Embarcation d’écriture, j’écrivais. Puis je suis allée à terre. Puis j’ai mangé à terre. Mon foie demandait du repos. Et là, je me relâche. D’autres attraits ont joué. Fête Arc-en-ciel, souper avec des amies, demande de bourse à compléter. Du nordet était annoncé toute la semaine, jusqu’à 30, 35 nœuds. J’ai failli, chute de courage. Peut-être. En même temps, je suis heureuse, j’ai réalisé mon rêve d’y habiter, d’y vivre des gens de terre et des gens de mer. D'y écrire.
Que douze jours éloignée et déjà je m’ennuie. De mon voilier, L’Opium XXX, un Mirage 25. Ma drogue maison. Mon embarcation d'écriture.


Comment survivrai-je l’automne venu?


©Colette Bazinet 2013 

mercredi 31 juillet 2013

Le paradoxe urbain

La vie sur le voilier s'avère fort active et grégaire. Arrivées, départs, aides à l'accostage. Plus souvent dehors qu'à l'intérieur, donc à croiser les autres plaisanciers. Et le vent, le vent qui épuise.
Placotages : un voileux, cycliste à ses heures, a été victime d'un étrange accident : une perte de conscience en circulant qui a entraîné une chute avec blessures, une évidence ! Et en soirée, une dame, en vélo elle aussi, plonge de plus de trois mètres dans les roches en bas du quai public. Maladresse en s'arrêtant. Ambulance, difficultés à la monter sur civière de l'enrochement riverain, sa petite fille tout inquiète sanglote.
La nuit s'installe. En pyjama, je sors dans le cockpit finaliser des détails avant de me coucher. Voilà que mon voisin de quai émerge de son bateau — je le croyais parti en ville. Il l'était. Il a reçu un appel d'une amie en pleine tentative de suicide, est arrivé à temps, médicaments, lacérations, ambulance encore... et nettoyage du sang : « Je ne voulais pas laisser cela dans cet état, pour les enfants (adultes) ». Je vêts un polar et des bas de laine afin de m'asseoir et l'écouter un moment.
Intense cette vie. Il me faut du calme et la semaine s’annonce pluvieuse.
Je rentre en ville me reposer un peu d'Éole et du reste, retrouver un peu de solitude, vaquer. Loin de la nature, dans mon appartement tout à fait urbain.





©Colette Bazinet, 2013



mercredi 3 juillet 2013

alter ego en embarcation d'écriture

À la radio, ce matin, André Major racontait son passage à Lisbonne comme une rencontre avec son alter ego. Ce tout autre soi que l'on expérimente lorsque transplanté ailleurs.

Je reviens du Portugal. Le dépaysement : une langue inconnue (malgré mes efforts pour en apprendre les rudiments), des sonorités, des parfums, des lumières, tout déstabilise. Il faut ajouter qu'en arrivant dans la capitale, j'ai fait une entrée papale en embrassant le sol, ou plutôt les marches, d'un escalier qui, lui, est resté de marbre. La tempe saignante contre la deuxième marche, sonnée, les lunettes toutes écartillées, j'ai cru m'être fracturé des cotes et des doigts. Une belle émotion sans conséquences au bout du compte. Mais avez-vous déjà essayé d'appeler à frais viré votre assurance en passant par une cabine téléphonique ou des messages enregistrés vous répondent en portugais ? Ils ont eu raison de moi. Était-ce une sorte de mini choc culturel?

Je rêve depuis longtemps de résidences d'écriture. Ma petite expérience à P'town l'an dernier m'a confirmé à quel point il peut-être productif de partir, dans ce cas pour de la recherche. Cet été, je récidive en allant vers un projet à ma portée : éloigner un peu mon voilier afin de m'en servir comme résidence.

Me voilà donc en embarcation d'écriture à Saint-Jean-Port-Joli.





©Colette Bazinet, 2013



mardi 30 avril 2013

en attendant Brèves

Fini le travail sur la nouvelle Le déménagement. Elle serait prête à publier... pour le moment. Il est toujours difficile de mettre un point final à un texte. Et même publié, je retourne souvent y mettre un dernier assaisonnement. Le texte sera du prochain numéro de la revue Brèves littéraires, le 87 je crois, prévu pour juin 2013. Un spécial LGBT.

Je suis vraiment gâtée cette année avec deux publications (la première : on ne me tuera pas deux fois du spécial Camus de l'Écrit primal (No 48). Quel plaisir de voir son travail aboutir !

Alors, grosse récompense, je fais des valises afin de découvrir de nouveaux horizons... et revoir une compagne de classe quarante-et-un ans plus tard. Je lui ai envoyé une photo, en lui expliquant que j'avais pris du poids, la ménopause lui ai-je dit ! et les sucreries ai-je avoué. On s'est connues à Madagascar, on a repris contact grâce à soeur Bernadette, rencontrée lors d'une escale à Ste-Anne-Des-Monts en 2006, et on se croisera à Lisbonne. Petite planète adorée.

jeudi 18 avril 2013

Sortir un livre de soi

C'est ce soir à 18 h 30 au Centre des femmes de Verdun. J'anticipe joyeusement cette rencontre. J'espère que les participantes auront autant sinon plus de plaisir que j'en ai eu à le préparer. Parcours d'écriture. Parcours de vie et, j'espère rendre l'écriture et la lecture joyaux accessibles. De plus, je pourrai partager une dernière nouvelle, On ne me tuera pas deux fois, parue dans le numéro spécial Camus de L'Écrit primal, no 48  lancé hier soir à L'Université Laval.

À ce soir mesdames!


lundi 25 mars 2013

Des lettres et des chiffres, plaisirs suprêmes

On dit des gens de lettres qu'ils n'ont pas la bosse des maths. On dit des matheux qu'ils performent moins en langue. Pourtant, un de mes profs, un jour, affirma que si l'on était bon dans l'un, on l'était dans l'autre. Chose certaine, du moins sur le plan scolaire, cette hypothèse s'appliquait bien à moi. Ayant grandi entre une mère amoureuse du français et un père enseignant en mathématiques, je sombrai dans l'amour des deux disciplines.

J'ai terminé mes déclarations fiscales, communément nommées rapports d'impôt. Plaisir honteux, je les fais toujours sur formulaires papier. J'éprouve un bonheur anxieux lors de la pratique annuelle de cet exercice. Le délice des chiffres et le souci de la dette potentielle. Étrange tourment puisque si je leur en devais, c'est que j'aurais gagné suffisamment et peut-être enfin dépassé le revenu médian tiré de la création littéraire par les auteurs du Québec, soit 2450 $ par année. Je penche encore dans la mauvaise moitié.

Mais je garde espoir, celui qu'un jour les lettres et les chiffres se conjuguent en harmonie. Pourvu que le plaisir reste.

dimanche 27 janvier 2013

Sans paroles mais non sans mots

Me voilà rendue en un lieu de silence. Quoiqu'il y a un parloir, dont j'userai sans doute. Mais Skype j'éviterai. Ne pas parler avec la maison, les amies, les proches. Tentée d'être avec moi-même, sans plus. Tentée de faire le point avec les morts de 2012, mon père en particulier. Il ne voulait pas mourir. Je ne voulais pas qu'il meure. Mais voilà, nos volontés n'y peuvent pas grand-chose. Ce vide qui rend absurde le passage ici-bas.
Je lis Camus de ce temps-ci, Le premier homme, oeuvre inachevée qu'il avait avec lui lors de l'accident fatal. Il y est tant question de l'intensité de la vie, cela me ramène et me fait du bien. Et une oeuvre en devenir, à toujours inachevée, et cet accès impudique à sa démarche. C'est une sorte de privilège, d'héritage. Une réflexion qu'il permet de poursuivre.
J'apporte du matériel pour écrire. Pas tellement en création comme en réflexion. Des mots commencés lors du cancer que j'ai eu, cahier qui est devenu un cahier de morts. Je n'ai pas eu le temps de m'occuper d'eux tous, surtout les derniers. Des morts que je n'ai pas pris le temps de coucher en mots. Je leur ferai une place dans mon cahier.
Ce sera trop court, je le sais. Ce sera cela. La vie est un acte inachevé, toujours. À moins que ce ne soit la mort.
Je serai sans paroles, dans le silence, mais non sans mots.

Pour quelques jours, j'entre au Monastère.

samedi 12 janvier 2013

recherche et écriture

Les sujets imposés sont une source intarissable de découvertes. C'est formidable ! Les concours offrent ces opportunités, tout comme les contrats de rédaction ou d'animation thématiques. Là, c'est le monde de l'Algérie et de Camus qui m'habitent. Je vais de recherches en révélations, c'est fabuleux ! On croit avoir une idée, une opinion et, encore une fois, on se fait confirmer que l’on ne connaît rien. Enfant, je rêvais d'être une exploratrice, l'écriture m'a offert cette voie.
C'est à L'écrit primal  que je dois cette actuelle incursion. Son invitation m'a permis une plongée dans un monde, dans une humanité qui m'est peu familière. L'histoire des femmes, des enfants et des hommes demeure ce qu'il y a de plus émouvant. Tant de rêves, tant de déceptions. De toutes parts.

jeudi 21 juin 2012

Offre de services

Ça y est, je l'annonce formellement. C'est beau dire que l'on est freelance, cela manque de précision. Alors voilà, j'ai mis à jour mon site pour indiquer des domaines de compétences et d'intérêts.
J'aime quand même bien le terme freelance, emprunté à un mélange d'anglais et de français. Je le préfère à pigiste : la pige relève du hasard. Freelance, lui, fait appel au preux chevalier offrant sa lance librement au digne sieur. Ce rapport me semble beaucoup plus bilatéral, un engagement mutuel plus intéressant que d'être choisi ou de choisir au hasard, même si ce dernier peut intervenir dans le premier contact.

Bienvenue!

N.B. preux est un adjectif invariable, chevalière n'est pas le féminin de chevalier et quant à sieur...  Alors je suis preux chevalier offrant ma lance...