Chaque année, je me fixe des objectifs. Pas pour m'ennuyer. Pour me stimuler, me pousser un peu en avant. Se pousser, me direz-vous ? Encore ? Pourtant oui. Pas question ici de produire sans cesse et toujours davantage. Simplement, éviter de déprimer en sombrant dans le néant. Entre la vacuité et la surproduction, il y a la vie. Me donner des buts m'aide à être dedans, la vie. Certains me croient contemplative, voire hautement spirituelle. En réalité, je risque la chute en mode neurovégétatif passif et cherche à ne pas trop débrancher. Me fouetter m'énergise, comme une belle journée le nez dans l'air frais à pelleter des nuages de neige.
Je ne les réalise pas toutes ces résolutions et, de plus, ce n'est pas grave. Parmi celles-ci, certaines concernent strictement le plaisir. Elles non plus ne se concrétisent pas toutes, mon côté travailleuse compulsive prend parfois le dessus. Toutefois, je refuse la culpabilité, luxe inutile.
En 2014, par exemple, parmi mes objectifs se rencontraient: alimenter vingt fois ce blogue — je l'ai fait 19 — et terminer la réécriture d'un roman en chantier pour lequel, initialement, aucune échéance n’était bloquée. Le 3 janvier 2015, la réécriture était complétée, je pouvais entrer en mode révision.
Alors en 2015, je tenterai mes 20 rencontres sur ce blogue et je souhaiterais achever la rédaction de ce roman afin de le soumettre à des éditeurs. Voilà, c'est dit.
et je continuerai à pratiquer le ukulélé, et j'apprendrai à utiliser ma machine à coudre, et je partirai en voilier, et j'aimerai, et j'aimerai.
© Colette Bazinet
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vendredi 30 janvier 2015
mardi 26 août 2014
Coin d’ombre, coin de soleil
Tente dressée sous les bouleaux et les saules, rivière
aux pieds, trois kayakistes défilent, papotages lointains des voisins, les
huards se promènent non loin d'ici, brise
du nordet, déjeuner plantureux, bonne compagnie, on gratte du ukulélé ; la
journée s’annonce belle.
Après un mois passé à bord de L’Opium XXX, je petit
voyage autrement. Visites d’amies et de famille non atteignables par voie
navigable. Chalet, camping. J’étrenne un matelas autogonflant qui ne porte rien
de moins, comme nom, que celui de dream.
Un rêve ! Mélange d’air et de mousse prétendue intelligente. J’ai fait autant
d’insomnie que d’habitude, mais tellement confortable !
Je soigne mon veuvage des bleuets en rejoignant ma
compagne sur les lieux sacrés. Fin du deuil. Cependant, suis-je apte à relever le défi ? Je crains ne pas
avoir le courage de me lever à cinq heures du matin pour l’accompagner sous la
chape de plomb soleil-chaleur, le temps de cueillir et de prendre quelques photos. Nous dormirons
ensemble quand même, n'est-ce pas ?
| idem |
Installée à l'ombre sur le rivage, en plein dilemme éthique, je savoure égoïstement le fruit de son labeur.
© Colette Bazinet, 2014
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