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jeudi 24 décembre 2015

Sophie dans un petit bar du Marais

Quelle belle nouvelle, la chanceuse! Sophie passera les fêtes à Paris! J'aimerais donc être un petit oiseau pour voir ça…

Vous souvenez-vous de Sophie? Oui oui, celle qui portait un secret. Un conte de Noël créé l'an dernier à la demande du journal Sortie, de l'Alliance arc-en-ciel, à Québec. Publié en ces pages le 12 décembre 2014. L'Extravaganza, un collectif de drag queens, en fera une lecture au bar Les Souffleurs, le 26 décembre, dans le Marais. Cela risque d'être une mouture colorée! Sophie ne craint rien.

J'ai beaucoup apprécié que le responsable prenne le temps de communiquer avec moi, dans le respect des droits d'auteur. Tous n’ont pas ce souci et cela est d'autant plus remarqué. Ils feront une soirée d'histoires de Noël. Du monde qui risque de se divertir!

Le secret de Sophie a maintenant une version longue qui se cherche une maison d'édition. Elle se promène, quoi! Le collectif lira la version brève, celle en ligne.

Sur ce, je souhaite à toute une chacune, le féminin incluant le masculin, un joyeux solstice, un gai Noël, de belles fêtes, une heureuse cosmogonie! Bref, amusez-vous bien en ce re-commencement du monde!



© Colette Bazinet 2015

mercredi 8 juillet 2015

Ces morts que je croise


J'avais amarré L’Opium à Saint-Jean-Port-Joli et flânait sur le pont. Comme ça, du coin de l'oeil, furtivement, une silhouette marchant allègrement sur le quai fédéral attira mon attention. Lise ?
J'observai plus attentivement la femme, cheveux et foulard au vent, droite, à la fière allure, le pas dynamique. Malgré la distance, plusieurs centaines de pieds du bateau, c'était bien elle. Lise. Seul problème, elle est morte et enterrée.
Puis il y a cet homme que je ne cesse d'apercevoir ou de croiser. Sur les places de village, les chemins, dans les parcs ou les centres d'achats. Âgé, le dos un peu courbé, chapeau Tilley à large bord. Immobile, souvent, cherchant à déjouer son équilibre chancelant. Déambulant lentement, à petits pas. Il semble toujours chercher quelque chose. Par terre ou ailleurs. Mon coeur accélère à chaque fois. Mon père, avec sa fragilité vieillissante, un corps qui ne traduit plus l'assurance du discours. Lui aussi décédé. Trois mois après Lise, ma quasi-belle-soeur.
Prête à larguer les amarres
crédit photo Chantale Côté ©
Le dernier, je le frôle dans les foules. Rue Saint-Jean à Québec, entre autres. Par jours ensoleillés. En touriste ou joyeux luron. Ce barbu jovial avance à grands pas. Rattrape-t-il le temps à ses yeux perdu ? Je le vois avec vingt, trente ans de moins qu'à son décès, époque où je l'ai davantage fréquenté. Mon ami Pierre. Parti l'année passée. Je pense. Je me mêle dans les calendriers.
Comme tout un chacun, au fil du temps, je cumule les morts. Des proches, d'autres non. Des morts touchantes, des troublantes, des brutales, des lentes, des subites, des lointaines, des anciennes que j'apprends longtemps après les faits. Ces trois-là m'accompagnent fréquemment. Lise, la battante - était-ce pour répondre aux espoirs de tes enfants et de ton conjoint que tu as accepté les dernières chimios ? Mon père qui a à peine pu réaliser qu'il se mourrait. Pierre le colérique, furieux de ne pas avoir concrétisé tous ses rêves.                                                 
  J'ai cru devenir folle de les voir ainsi surgir inopinément, puis j'ai accepté. Leur présence demeure, incontournable.  Au  travers les évocateurs, je glisse un mot à mes morts, une pensée va vers eux — ou vient à moi. Voilà le sens de la résurrection chez les anciens Sémites. Jésus, qu'un cas parmi les autres. Les chrétiens l’ont monté en épingles. 
Ces morts qui nous accompagnent vivent tant que nous poursuivrons le dialogue avec eux.
Salut vous autres ! Je vous aime.



© Colette Bazinet, 2015


mardi 31 mars 2015

Quand Noël fleurit deux fois

Il y a des moments, comme cela, où la magie fleurit à nouveau. Un cactus de Noël vivant chez nous nous offre régulièrement deux floraisons annuelles. Un faux, me diront les férus de botanique, les vrais ne le font qu'une fois. Alors, ajustons le propos. Notre faux cactus de Noël, dont j'ignore la dénomination scientifique et que ma faible passion pour la chose horticole ne me pousse pas à identifier du bon cru, s'épanouit souvent deux fois par année. Habituellement consécutives. Sans que la première soit tout à fait achevée, la seconde s'enclenche pour notre plus grand bonheur et celui des petits — qui surveillent ces éclosions de près et avec respect. Les manifestations se tiennent à l'automne, d'où l'appellation de Noël plutôt que de Pâques, déjà entendue pour désigner ce noble végétal domestique, cousin sans doute du premier mais à épanouissement printanier.


Voilà qu'il nous joue un tour, dédouble sa personnalité ou cherche à nous convaincre de schizophrénie : après s'être déployé en parfaite concordance avec le solstice d'hiver, il récidive pour le dimanche qui suit la pleine lune qui suit l'équinoxe du printemps, la pâques catho, historiquement soulignée au Québec par des jours payés et chômés (du latin se chauffer au soleil comme m'a appris Richard Desjardins), une dinde ou un jambon, c'est selon, et surtout bien du chocolat et autres oeufs sucrés.

Notre faux cactus de Noël portera dorénavant deux noms, comme bien des enfants, soit faux-cactus-de-noël-et-de-pâques.
Le printemps veille à nos portes, prudence, il pourrait nous surprendre.
 :o)





© Colette Bazinet, 2015

mardi 23 décembre 2014

Le rêve secret de Sophie, une petite histoire pour le temps des Fêtes

Voilà donc le texte. C'est sans prétention, pour le plaisir d'une note arc-en-ciel à ce temps de l'année.
Je souhaite un super beau temps des Fêtes à toutes et à tous, que ce soit dans une solitude sereine ou des danses endiablées!

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Elle[i] était une fois, une petite fille prénommée Sophie. Habituellement enjouée, voilà qu’elle se sentait très triste. Noël approchait pourtant. Natasha, sa meilleure amie, frétillait : elle concoctait d’interminables listes de cadeaux et rêvait du réveillon, de la visite, des surprises. Ses yeux scintillaient! Sophie, au contraire, morose, n’était même plus certaine de vouloir grandir. Jusqu’aux vacances des Fêtes qui ne la réjouissaient plus. C’était de la faute à Natasha.
Les deux copines s’étaient juré fidélité à la vie à la mort. Un pacte. Jamais elles ne se laisseraient tomber! Or, voilà que Natasha déclama qu’elle marierait Ludovic, de la classe voisine. Sophie, abasourdie, se sentit trahie. Elle pleura beaucoup ce soir-là, en cachette. Une tempête, née dans son ventre, arrivée d’un coup, avec des éclairs qui lui déchiraient l’abdomen, la torturait. Sa maman Gabrielle l’entendit gémir dans sa chambre et décida de la garder à la maison le lendemain. La petite faisait un peu de fièvre. Mais Sophie ne dit rien, incapable d’expliquer ce qui n’allait pas.
Courageuse, la fillette profita du congé pour finaliser sa liste de cadeaux destinée au père Noël. Cela ne la réconforta pas. Il en fallait davantage. Si elle écrivait à la Fée des Étoiles-qui-éclairent-la-nuit, peut-être celle-ci comprendrait-elle mieux? Elle s’y mit et lui confia son vœu le plus cher. Elle conjurerait le mauvais sort! Si son souhait, si important, ne se réalisait pas, elle ne croirait plus ni au père Noël ni à la Fée des Étoiles. Il lui fallait vaincre l’ombre. Sa mère posta au pôle Nord les précieuses missives.
Sophie combattait au mieux la tempête dans son ventre, mais celle-ci prenait de l’expansion et éteignait même le pétillement de ses yeux. L’enfant dut retourner en classe.
Arriva le moment de choisir et de monter l’arbre de Noël. Sophie eut l’idée d’inviter sa marraine Mathilde – n’avait-elle pas une meilleure amie elle aussi? Sa maman savait à quel point sa fille adorait sa sœur et trouva l’idée géniale. Gabrielle s’inquiétait, elle avait lu les lettres.
Tout en participant au montage du sapin et des décorations, Mathilde, informée, observait sa filleule. Prenant une pause, la marraine s’assit près d’elle.
– Tu sais, la fête de Noël existait bien avant le petit Jésus. Ça portait d’autres noms. On fêtait le début du monde. Connais-tu le solstice d’hiver? 
− Jésus, je ne le connais pas tant que ça, alors là, ton affaire! répondit Sophie, la mine étonnée.
− Le solstice d’hiver marque la fin d’une année et le début de la nouvelle. Il s’agit de la nuit la plus longue de l’année. Après la grande noirceur vient le retour de la lumière, de la vie, une minuscule minute à la fois.
Sophie devint très attentive, elle raffolait de ces histoires.
− Dans les temps anciens, l‘on soulignait le printemps, le temps des semences, puis la plus longue journée, le solstice d’été. Venaient les moissons et finalement, l’hiver où tout recommence! Chaque saison donnait lieu à de grandes fêtes!
Mathilde étreignit sa préférée et enchaîna :
− Le sapin, lui, qu’est-ce qu’il a de particulier?
Sophie réfléchissait, se grattait la tête. Elle en avait oublié ses soucis, suspendue aux lèvres de sa marraine. Devant tant de réflexion, Mathilde ajouta un indice.
− Par rapport à un érable par exemple?
– Il reste toujours vert!
− Exact! C’est pour ça qu’il représente l’arbre de vie. Y vivait Lilith, la première femme. Une femme libre comme le vent! Libre de choisir ses amours, égale à l’homme, pleine de connaissances.
La marraine se tut un moment et poursuivit :
− Quand on entend le vent dans les arbres, c’est elle. – Elle baissa encore le ton. − Il y en a qui n’aimaient pas ça une telle femme, alors ils ont ajouté Ève et transformé Lilith en méchante sorcière. Mais en réalité, je te le répète, elle vivait libre, soumise à personne!
– Une sorte de fée? souffla Sophie sur le même ton, ravie par ce récit. Vraiment, Mathilde incarnait la véritable fée-marraine.
La mentore acquiesça d’un air entendu. Ça avait bien de l’allure. Puis, elle se mit à discuter avec sa sœur de la réception du 26 décembre.
– Pourquoi pas à Noël? s’enquit Sophie.
– Oh! C’est en plus! Pour une cérémonie spéciale. Cette année, le solstice et la lune  noire ont lieu en même temps, le 21 décembre.  Ce sera le règne des ténèbres! Le 26 sera la première journée avec une minute de plus de clarté! Alors, on fêtera la lumière : la lune croîtra et le jour allongera. Chloé et moi avons décidé d’organiser chez nous, le 26… un rituel pour souligner notre engagement mutuel. Nouvelle année, début d’un temps nouveau!
Mathilde esquissa un sourire coquin. Sophie fronça les sourcils, quelque chose se transformait. Un joyeux gargouillis lui chatouillait le nombril. Qu’était-ce donc que cette affaire d’engagement mutuel?
– Ta mère est au courant, mais chut! Garde le secret! Je ferai la surprise aux autres!
Les deux sœurs observaient une lueur s’installer au fonds des prunelles de la fillette. Complices, elles avaient visé juste. Toutefois, quelque chose échappait encore à Sophie.
Les dernières semaines d’école se passèrent mieux, mais la tristesse – comme une petite valise grise traînant dans le cœur de Sophie – revenait lorsqu’elle croisait Natasha.
À Noël, elle reçut ses cadeaux, sauf l’essentiel. Peut-être aurait-elle sa réponse le lendemain? Sophie désirait ardemment, tout comme sa marraine-idole, vivre avec sa meilleure amie. Quand elle serait grande, bien sûr! Rêve vite brisé. Voyons, une fille peut juste se marier avec un gars! avait fermement déclaré Natasha. Sophie n’avait osé la contredire, même si elle avait cru entendre le contraire dans sa famille.
En débarquant chez sa marraine, tout s’éclaira. Le condo était bondé, les deux familles, des amies, toutes et tous festoyaient avec Mathilde et Chloé. Pour la première fois, Sophie comprit que les deux femmes étaient amoureuses! Elle s’émerveilla de les voir radieuses, tellement belles, vêtues d’étoiles, de lune, de soleil et de mer!
Les amantes célébraient leur union à leur façon, sans loi, devant les leurs et à la face du monde. « Une sorte de mariage », lui glissa Gabrielle à l’oreille. Sophie n’avait pas besoin de cette explication, elle venait de trouver sa vérité. La Fée Lilith-des-Étoiles avait exaucé son vœu. C’était le commencement du monde, tout s’ouvrait. Tout comme Mathilde et Chloé, Sophie passait de l’obscurité à la lumière. Elle pourrait rester amie avec Natasha et un jour, elle rencontrerait une amoureuse. Elle aussi!



[i] Le féminin inclut le masculin

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Première publication dans le journal Sortie de décembre 2014, pages 9 et 10. Merci de ne pas reproduire en tout ou en partie, sous quelque forme que ce soit, sans l'autorisation de l'auteure.




© Colette Bazinet 2014

jeudi 11 décembre 2014

Conte de Noël lesbien pour tous et pour toutes

   Je me suis bien amusée. Je ne sais pas s'il est bon, il s'agit de ma première tentative dans le genre. De plus, j'ai toujours été nulle pour raconter des histoires. Mais voilà. J'ai reçu un appel d'Olivier Poulin, directeur général en fin de mandat de GLBT Québec (récemment rebaptisé Alliance Arc-en-ciel), me demandant si écrire un conte lesbien pour le journal Sortie de décembre m'intéressait. Quelqu'un d'autre, un homme, je présume, en écrivait un gai. Alors, je me suis lancée !
   J'ai eu bien du plaisir. Le défi exigeait bien de l'élagage puisque le texte devait tenir en 1000 mots et je disposais d'environ deux semaines avant la date de tombée, en tout cas, moins de trois. De plus, je désirais plonger dans des mythes anciens, antérieurs au christianisme. Super stimulant!

Alliance Arc-en-ciel de QuébecOlivier quitte cette semaine l'Alliance, dans l'espoir de relever d'autres défis, comme le veut l'adage. Je lui souhaite bien du plaisir et du succès, mais je tiens surtout à le remercier pour sa contribution à nos collectivités ainsi que, sur le plan personnel, pour les opportunités qu'il m'a offertes tant en écriture qu'en animation. Olivier est un homme qui cherche à valoriser les contributions de chaque membre de la communauté.

Un nouveau dg est arrivé, Yvan Fortin, un autre individu engagé et connu dans le milieu. Je suis certaine qu'il saura rallier les communautés, tout comme Olivier l'a fait.


   En tout cas, si vous avez le goût de lire ce texte, le numéro de Sortie  devrait sortir (sans pléonasme) le 16 décembre 2014. Un conte de Noël, c'est pour tous et pour toutes!





© Colette Bazinet, 2014

lundi 13 octobre 2014

Quand un séisme porte plus à rire qu’à pleurer


Je roulais tranquillement quand les nouvelles radios ont commencé. Je n’en croyais pas ce que j’entendais. Le Vatican estimerait que les homosexuels auraient des dons, des qualités !

Je suis partie à rire de tant d’imbécilités, que les imbéciles me pardonnent ! Je ne suis plus capable d’en pleurer, c’est la colère qui vient.

En gros se tiendrait un synode ou une tentative d’ouverture sur des humains normalement constitués, mais catholiquement et socialement (encore hélas !) marginalisés, ostracisés.

Je suis donc allée lire l’article sur le site de Radio-Canada. Un séisme, selon un expert. Les homosexuels ne seraient pas qu’intrinsèquement désordonnés, on voudrait mettre un bémol à ce vocabulaire. Pas le balayer ! Cela déplairait et il ne faut pas compromettre la doctrine !
Le Vatican estime dans un document présenté lundi, à mi-parcours du synode sur la famille, que les homosexuels « ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne ».

Non, ce n'est pas vrai, ils en sont toujours que là ! Leur document ajoute : « Sans nier les problèmes moraux liés aux unions homosexuelles, il faut noter qu'il existe des cas où l'entraide, jusqu'au sacrifice, constitue un soutien précieux à la vie des partenaires ». Bon, allez lire l’article, ici.

Je n’ai qu’un mot, une pensée, pour tous les membres de la diversité sexuelle qui luttent au sein de cette institution pour défendre leurs croyances. Je leur souhaite bon courage, ne lâchez pas. Cette lutte reste nécessaire.




© Colette Bazinet, 2014 

mercredi 21 mai 2014

Vous dites mythologies?

Je poursuis la petite réflexion amorcée lors de mon bref passage au Congrès Boréal. Mention : insérée dans la pochette remise à l'inscription, le numéro 189 de Solaris, revue de science-fiction (SF) et de fantastique. Je reviendrai sur un article qui complétait parfaitement mon questionnement.

Lors de mon dernier billet, je discutais des archétypes, bien pauvres en nombre, du genre féminin. Aujourd'hui, j'aborde les empreintes mythologiques. Rappel du titre de l'atelier : Pourquoi la mythologie et les genres sont-ils de grands alliés ? Religiologue et sociologue de formation, il va sans dire qu'il s'agit là de sujets qui me titillent. Toutefois, je souligne être néophyte des littératures de l’imaginaire.

***

Alors voilà. Les protagonistes invités, dans un premier mouvement, mentionnent les mythologies grecques, romaines, voire celtiques. L’une avance qu'elle explore actuellement des mythes inuit. Finalement, la doyenne rappelle l'existence de ceux appartenant à d'autres cultures, notamment africaines ou asiatiques. Surprise : aucune référence aux mondes judéo-chrétiens ! Je trouve cela très intéressant. Est-il plus ardu de reconnaître la richesse des représentations issues de nos héritages religieux directs ? Je me suis d'autant plus posé cette question, centrale dans mon roman Trabouler, quoique j’y fasse davantage référence aux mondes sémito-chrétiens plutôt que strictement judéo.

Je me rappelle avoir eu une préoccupation — qu'un auteur ne devrait jamais avoir : je craignais de tomber dans l'ésotérisme ou de sembler me prétendre gourou. Est-ce lié au fait qu'il s'agissait de cette famille mythologique ? Je me rends compte que je retiens ma tendance à flirter avec le fantasy ou le fantastique. Maudite autocensure ! D'autant plus que dans ces genres, pour le peu que j'en ai lu, laisse une large place à une morale souvent bipolarisée : luttes entre le bien et le mal — que je m'amusais à barouetter un peu. Un auteur me dira que cette bipolarisation morale s’avère moindre dans les écrits plus récents. Tout de même, elle demeure discrète, voire de mauvais goût dans la littérature dite générale.

Je lis le texte Le Vatican et les Extraterrestres, par Mario Tessier (Solaris). Il m'instruit d'une réflexion sur les rapports entre théologie, science et science-fiction. Un encadré rappelle également l'intérêt des Jésuites et de diverses fratries utilisés en SF. Finalement, j'y pense, eh oui, le diable, l'apocalypse et moult figures ont été utilisées dans l'écriture de l'imaginaire. Me voilà rassurée. Mais pourquoi n'ont-elles pas été nommées lors de l'atelier ? Pudeur ? Dissociation conceptuelle ?

Pour ma part, je retiens que j'ai beaucoup à apprendre du métier d'écrivain et, surtout, à ne pas hésiter à lâcher encore plus lousse la folle du logis.





© Colette Bazinet, 2014