Il y a des moments, comme cela, où la magie fleurit à nouveau. Un cactus de Noël vivant chez nous nous offre régulièrement deux floraisons annuelles. Un faux, me diront les férus de botanique, les vrais ne le font qu'une fois. Alors, ajustons le propos. Notre faux cactus de Noël, dont j'ignore la dénomination scientifique et que ma faible passion pour la chose horticole ne me pousse pas à identifier du bon cru, s'épanouit souvent deux fois par année. Habituellement consécutives. Sans que la première soit tout à fait achevée, la seconde s'enclenche pour notre plus grand bonheur et celui des petits — qui surveillent ces éclosions de près et avec respect. Les manifestations se tiennent à l'automne, d'où l'appellation de Noël plutôt que de Pâques, déjà entendue pour désigner ce noble végétal domestique, cousin sans doute du premier mais à épanouissement printanier.
Voilà qu'il nous joue un tour, dédouble sa personnalité ou cherche à nous convaincre de schizophrénie : après s'être déployé en parfaite concordance avec le solstice d'hiver, il récidive pour le dimanche qui suit la pleine lune qui suit l'équinoxe du printemps, la pâques catho, historiquement soulignée au Québec par des jours payés et chômés (du latin se chauffer au soleil comme m'a appris Richard Desjardins), une dinde ou un jambon, c'est selon, et surtout bien du chocolat et autres oeufs sucrés.
Notre faux cactus de Noël portera dorénavant deux noms, comme bien des enfants, soit faux-cactus-de-noël-et-de-pâques.
Le printemps veille à nos portes, prudence, il pourrait nous surprendre.
:o)
© Colette Bazinet, 2015
mardi 31 mars 2015
vendredi 13 mars 2015
Le temps suspendu
L’air vivifie. Nous marchons
d’un bon pas, exercice modéré. Pour une deuxième année consécutive, nous nous
sommes inscrites au Défi santé. Objectif personnel : un peu plus
d’équilibre dans ma vie, plus de place pour mon corps, qui en prend déjà pas
mal, mais pas de la façon désirée. Il lui faut s’extirper de cette chaise prétendue lieu créatif et productif.
Jeudi après-midi, des gens circulent,
se pressent, font des courses. Les voitures s’attardent à peine à l’arrêt supposément
obligatoire. Le soleil printanier nous assaille joyeusement. En passant devant
l’église de pierres, mon amie monte les marches et vérifie la porte. Inutile,
me dis-je. De nos jours, la crainte du vol domine et ces lieux demeurent
rarement accessibles hors des horaires de culte. Surprise! Le portail
s’entrouvre. Nous pénétrons dans l’antre.
Pénombre. Les vitraux
filtrent la lumière. Aucune âme ne semble flâner ni dans la nef, ni dans le
chœur. Nous nous croyons seules lorsque l’orgue se met à résonner. Une soprano
l’accompagne. Je m’assieds dans la rangée du fonds, sur le banc ciré, usé, contournant
soigneusement l’agenouilloir descendu. N’émettre aucun bruit. Ralentir.
J’oublie ma compagne rendue plus loin. Le rythme de ma respiration se modère.
Les sons extérieurs sont anéantis. Il n’y a plus d’écoulement temporel, l’horloge
pourrait pointer n’importe quel moment du jour ou de la nuit. La voûte m’impressionne.
Si haute. Afin de permettre aux âmes de s’élever, de s’approcher des dieux. Un
espace de calme s’installe en moi. L’organiste recommence, le chant s’enchaîne.
De courts dialogues, elles reprennent la mélodie. Un leitmotiv incessant,
imprégnant, flippant. Sont-elles deux, ou davantage? Je ne distingue pas bien.
Qui chante, qui joue? Des femmes, du moins. Je me perds dans mes pensées. Un
vieil homme entre et s’agenouille à l’arrière, loin de moi. Puis un second se
présente. Il se dirige à l’opposé, vers l’avant. Deux vieillards qui se
recueillent. Viennent-ils bavarder avec leur conjointe défunte… ou leurs amours interdits? Ces attitudes
humbles, courbées, de piété, me fascinent. J’y aspire pourtant, incapable de
taire les chuchotements intérieurs. Une flamme oscille dans la lampe de
sanctuaire. Elle indique la présence de leur dieu dans le tabernacle. Ces mots toujours
présents, venus d’ailleurs et d’une époque si lointaine.
![]() |
| orgue au monastère |
Je rêvasse. Une femme avance,
la tête inclinée, pudique, évitant de croiser mon regard. Les voix du jubé
discutent, elles n’auront pas le temps de tout voir, une dernière fois pour
aujourd’hui. Musique et fin. Je n’observe pas, j’erre. Ces monuments trop
vastes. Les yeux fermés, je choisis de me laisser imprégner de l’atmosphère
intemporelle. Est-ce cela l’éternité?
Ma compagne s’approche
et sourit. Ah oui, il faut sortir, poursuivre notre ballade. J’adore
m’arrêter dans les temples de toute confession - ne souscrivant à aucune.
Un apaisement.
La halte a duré tout au plus
cinq minutes. Comment cela se compte-t-il en temps suspendu?
mercredi 18 février 2015
Les dérives du quotidien
Cours de couture, je n'écris pas. Trois jours à compléter un ajustement. Atelier d'écriture, je narre, assurément, mais à d’autres fins. Visite de la proprio : avis d'éviction du logement. Journées à évaluer, calculer, discuter des options possibles. Pas de prose créative.
Pourtant, pourtant. Je tourne autour du pot, si près du but.
C'est pour cela sans doute.
Ce roman sera soumis à l'édition en 2015: mon engagement vis-à-vis moi-même.
Suis-je encore une fois fidèle à l’adage : Courage, fuyons ?
Peut-être bien, peut-être pas. La créativité s'amuse souvent de nous, nous menant par des routes inattendues au port souhaité.
Confiance. La couture se termine samedi. L'atelier d'écriture en mars. Et je ne passerai pas six mois non-stop à la recherche d'un gîte et dans le remplissage et le vidage de boîtes.
Le roman arrivera à terme. Que la neige neige.
© Colette Bazinet, 2015
Pourtant, pourtant. Je tourne autour du pot, si près du but.
C'est pour cela sans doute.
Ce roman sera soumis à l'édition en 2015: mon engagement vis-à-vis moi-même.
Suis-je encore une fois fidèle à l’adage : Courage, fuyons ?
Peut-être bien, peut-être pas. La créativité s'amuse souvent de nous, nous menant par des routes inattendues au port souhaité.
Confiance. La couture se termine samedi. L'atelier d'écriture en mars. Et je ne passerai pas six mois non-stop à la recherche d'un gîte et dans le remplissage et le vidage de boîtes.
Le roman arrivera à terme. Que la neige neige.
© Colette Bazinet, 2015
vendredi 30 janvier 2015
2015, des résolutions
Chaque année, je me fixe des objectifs. Pas pour m'ennuyer. Pour me stimuler, me pousser un peu en avant. Se pousser, me direz-vous ? Encore ? Pourtant oui. Pas question ici de produire sans cesse et toujours davantage. Simplement, éviter de déprimer en sombrant dans le néant. Entre la vacuité et la surproduction, il y a la vie. Me donner des buts m'aide à être dedans, la vie. Certains me croient contemplative, voire hautement spirituelle. En réalité, je risque la chute en mode neurovégétatif passif et cherche à ne pas trop débrancher. Me fouetter m'énergise, comme une belle journée le nez dans l'air frais à pelleter des nuages de neige.
Je ne les réalise pas toutes ces résolutions et, de plus, ce n'est pas grave. Parmi celles-ci, certaines concernent strictement le plaisir. Elles non plus ne se concrétisent pas toutes, mon côté travailleuse compulsive prend parfois le dessus. Toutefois, je refuse la culpabilité, luxe inutile.
En 2014, par exemple, parmi mes objectifs se rencontraient: alimenter vingt fois ce blogue — je l'ai fait 19 — et terminer la réécriture d'un roman en chantier pour lequel, initialement, aucune échéance n’était bloquée. Le 3 janvier 2015, la réécriture était complétée, je pouvais entrer en mode révision.
Alors en 2015, je tenterai mes 20 rencontres sur ce blogue et je souhaiterais achever la rédaction de ce roman afin de le soumettre à des éditeurs. Voilà, c'est dit.
et je continuerai à pratiquer le ukulélé, et j'apprendrai à utiliser ma machine à coudre, et je partirai en voilier, et j'aimerai, et j'aimerai.
© Colette Bazinet
Je ne les réalise pas toutes ces résolutions et, de plus, ce n'est pas grave. Parmi celles-ci, certaines concernent strictement le plaisir. Elles non plus ne se concrétisent pas toutes, mon côté travailleuse compulsive prend parfois le dessus. Toutefois, je refuse la culpabilité, luxe inutile.
En 2014, par exemple, parmi mes objectifs se rencontraient: alimenter vingt fois ce blogue — je l'ai fait 19 — et terminer la réécriture d'un roman en chantier pour lequel, initialement, aucune échéance n’était bloquée. Le 3 janvier 2015, la réécriture était complétée, je pouvais entrer en mode révision.
Alors en 2015, je tenterai mes 20 rencontres sur ce blogue et je souhaiterais achever la rédaction de ce roman afin de le soumettre à des éditeurs. Voilà, c'est dit.
et je continuerai à pratiquer le ukulélé, et j'apprendrai à utiliser ma machine à coudre, et je partirai en voilier, et j'aimerai, et j'aimerai.
© Colette Bazinet
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samedi 10 janvier 2015
Le courage des croyants
Hier soir, après le téléjournal, Radio-Canada diffusait le documentaire de Daniel Leconte C'est dur d'être aimé par des cons, tourné lors du procès contre Charlie Hebdo en 2007. À voir.
Je ne sais pas pourquoi reproduire l'image du prophète est proscrit. À ce que j'ai lu, l'interdiction ne relève pas du Coran. Et si cela relève de l'époque de Mahomet, peut-être ne voulait-il tout simplement pas être déifié. Dans les religions monothéistes, ce sont habituellement les représentations de dieu qui sont interdites, afin de ne pas idolâtrer les représentations. Ici, l'effet contraire s'est produit, du moins pour les terroristes qui ont manipulé ce tout pour la rendre conforme à leur vision. Tout cela me laisse perplexe. Toujours est-il qu'au début, le terrorisme me faisait vivre de l'impuissance.
Aujourd'hui, l'attaque contre l'équipe de Charlie Hebdo me ramène à la fierté de mes idéaux de liberté, d'égalité, de sororité et de fraternité. Que les gens qui se réclament des idéologies extrêmes et violentes, de l'intégrisme musulman ou du fondamentalisme chrétien se le tiennent pour dit. La terreur et la violence n'auront pas gain de cause ni sur la plume libre ni sur le vivre sain. Même pour le Nigéria, je garde espoir, les populations continuent avec courage de réclamer leurs filles. Qu'on les soutienne, concrètement! J'y crois.
© Colette Bazinet, 2015
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mardi 23 décembre 2014
Le rêve secret de Sophie, une petite histoire pour le temps des Fêtes
Voilà donc le texte. C'est sans prétention, pour le plaisir d'une note arc-en-ciel à ce temps de l'année.
Je souhaite un super beau temps des Fêtes à toutes et à tous, que ce soit dans une solitude sereine ou des danses endiablées!
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Tout en participant au montage du sapin et des
décorations, Mathilde, informée, observait sa filleule. Prenant une pause, la
marraine s’assit près d’elle.
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Première publication dans le journal Sortie de décembre 2014, pages 9 et 10. Merci de ne pas reproduire en tout ou en partie, sous quelque forme que ce soit, sans l'autorisation de l'auteure.
Je souhaite un super beau temps des Fêtes à toutes et à tous, que ce soit dans une solitude sereine ou des danses endiablées!
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Elle[i] était une
fois, une petite fille prénommée Sophie. Habituellement enjouée, voilà qu’elle
se sentait très triste. Noël approchait pourtant. Natasha, sa meilleure amie,
frétillait : elle concoctait d’interminables listes de cadeaux et rêvait
du réveillon, de la visite, des surprises. Ses yeux scintillaient! Sophie, au
contraire, morose, n’était même plus certaine de vouloir grandir. Jusqu’aux
vacances des Fêtes qui ne la réjouissaient plus. C’était de la faute à Natasha.
Les deux copines s’étaient juré fidélité à la vie à la
mort. Un pacte. Jamais elles ne se laisseraient tomber! Or, voilà que Natasha déclama
qu’elle marierait Ludovic, de la classe voisine. Sophie, abasourdie, se sentit
trahie. Elle pleura beaucoup ce soir-là, en cachette. Une tempête, née dans son
ventre, arrivée d’un coup, avec des éclairs qui lui déchiraient l’abdomen, la
torturait. Sa maman Gabrielle l’entendit gémir dans sa chambre et décida de la
garder à la maison le lendemain. La petite faisait un peu de fièvre. Mais
Sophie ne dit rien, incapable d’expliquer ce qui n’allait pas.
Courageuse, la fillette profita du congé pour finaliser
sa liste de cadeaux destinée au père Noël. Cela ne la réconforta pas. Il en fallait
davantage. Si elle écrivait à la Fée des Étoiles-qui-éclairent-la-nuit,
peut-être celle-ci comprendrait-elle mieux? Elle s’y mit et lui confia son vœu
le plus cher. Elle conjurerait le mauvais sort! Si son souhait, si important,
ne se réalisait pas, elle ne croirait plus ni au père Noël ni à la Fée des
Étoiles. Il lui fallait vaincre l’ombre. Sa mère posta au pôle Nord les
précieuses missives.
Sophie combattait au mieux la tempête dans son ventre,
mais celle-ci prenait de l’expansion et éteignait même le pétillement de ses
yeux. L’enfant dut retourner en classe.
Arriva le moment de choisir et de monter l’arbre de
Noël. Sophie eut l’idée d’inviter sa marraine Mathilde – n’avait-elle pas une
meilleure amie elle aussi? Sa maman savait à quel point sa fille adorait sa
sœur et trouva l’idée géniale. Gabrielle s’inquiétait, elle avait lu les
lettres.
Tout en participant au montage du sapin et des
décorations, Mathilde, informée, observait sa filleule. Prenant une pause, la
marraine s’assit près d’elle.
– Tu sais, la fête de Noël existait bien avant le petit
Jésus. Ça portait d’autres noms. On fêtait le début du monde. Connais-tu le
solstice d’hiver?
− Jésus, je ne le connais pas tant que ça, alors là, ton
affaire! répondit Sophie, la mine étonnée.
− Le solstice d’hiver marque la fin d’une année et le
début de la nouvelle. Il s’agit de la nuit la plus longue de l’année. Après la
grande noirceur vient le retour de la lumière, de la vie, une minuscule minute
à la fois.
Sophie devint très attentive, elle raffolait de ces
histoires.
− Dans les temps anciens, l‘on soulignait le printemps,
le temps des semences, puis la plus longue journée, le solstice d’été. Venaient
les moissons et finalement, l’hiver où tout recommence! Chaque saison donnait
lieu à de grandes fêtes!
Mathilde étreignit sa préférée et enchaîna :
− Le sapin, lui, qu’est-ce qu’il a de particulier?
Sophie réfléchissait, se grattait la tête. Elle en avait
oublié ses soucis, suspendue aux lèvres de sa marraine. Devant tant de
réflexion, Mathilde ajouta un indice.
− Par rapport à un érable par exemple?
– Il reste toujours vert!
− Exact! C’est pour ça qu’il représente l’arbre de vie.
Y vivait Lilith, la première femme. Une femme libre comme le vent! Libre de
choisir ses amours, égale à l’homme, pleine de connaissances.
La marraine se tut un moment et poursuivit :
− Quand on entend le vent dans les arbres, c’est elle. –
Elle baissa encore le ton. − Il y en a qui n’aimaient pas ça une telle femme,
alors ils ont ajouté Ève et transformé Lilith en méchante sorcière. Mais en
réalité, je te le répète, elle vivait libre, soumise à personne!
– Une sorte de fée? souffla Sophie sur le même ton,
ravie par ce récit. Vraiment, Mathilde incarnait la véritable fée-marraine.
La mentore acquiesça d’un air entendu. Ça avait bien de
l’allure. Puis, elle se mit à discuter avec sa sœur de la réception du 26
décembre.
– Pourquoi pas à Noël? s’enquit Sophie.
– Oh! C’est en plus! Pour une cérémonie spéciale. Cette
année, le solstice et la lune noire ont lieu en même temps, le 21 décembre. Ce sera le règne des ténèbres! Le 26 sera
la première journée avec une minute de plus de clarté! Alors, on fêtera la
lumière : la lune croîtra et le jour allongera. Chloé et moi avons décidé
d’organiser chez nous, le 26… un rituel pour souligner notre engagement mutuel.
Nouvelle année, début d’un temps nouveau!
Mathilde esquissa un sourire coquin. Sophie fronça les
sourcils, quelque chose se transformait. Un joyeux gargouillis lui chatouillait
le nombril. Qu’était-ce donc que cette affaire d’engagement mutuel?
– Ta mère est au courant, mais chut! Garde le secret! Je
ferai la surprise aux autres!
Les deux sœurs observaient une lueur s’installer au
fonds des prunelles de la fillette. Complices, elles avaient visé juste.
Toutefois, quelque chose échappait encore à Sophie.
Les dernières semaines d’école se passèrent mieux, mais
la tristesse – comme une petite valise grise traînant dans le cœur de Sophie –
revenait lorsqu’elle croisait Natasha.
À Noël, elle reçut ses cadeaux, sauf l’essentiel. Peut-être
aurait-elle sa réponse le lendemain? Sophie désirait ardemment, tout comme sa marraine-idole,
vivre avec sa meilleure amie. Quand elle serait grande, bien sûr! Rêve vite
brisé. Voyons, une fille peut juste se
marier avec un gars! avait fermement déclaré Natasha. Sophie n’avait osé la
contredire, même si elle avait cru entendre le contraire dans sa famille.
En débarquant chez sa marraine, tout s’éclaira. Le condo
était bondé, les deux familles, des amies, toutes et tous festoyaient avec
Mathilde et Chloé. Pour la première fois, Sophie comprit que les deux femmes étaient
amoureuses! Elle s’émerveilla de les voir radieuses, tellement belles, vêtues
d’étoiles, de lune, de soleil et de mer!
Les amantes célébraient leur union à leur façon, sans
loi, devant les leurs et à la face du monde. « Une sorte de mariage »,
lui glissa Gabrielle à l’oreille. Sophie n’avait pas besoin de cette
explication, elle venait de trouver sa vérité. La Fée Lilith-des-Étoiles avait
exaucé son vœu. C’était le commencement du monde, tout s’ouvrait. Tout comme
Mathilde et Chloé, Sophie passait de l’obscurité à la lumière. Elle pourrait
rester amie avec Natasha et un jour, elle rencontrerait
une amoureuse. Elle aussi!
© Colette Bazinet 2014
jeudi 11 décembre 2014
Conte de Noël lesbien pour tous et pour toutes
Je me suis bien amusée. Je ne sais pas s'il est bon, il s'agit de ma première tentative dans le genre. De plus, j'ai toujours été nulle pour raconter des histoires. Mais voilà. J'ai reçu un appel d'Olivier Poulin, directeur général en fin de mandat de GLBT Québec (récemment rebaptisé Alliance Arc-en-ciel), me demandant si écrire un conte lesbien pour le journal Sortie de décembre m'intéressait. Quelqu'un d'autre, un homme, je présume, en écrivait un gai. Alors, je me suis lancée !
Olivier quitte cette semaine l'Alliance, dans l'espoir de relever d'autres défis, comme le veut l'adage. Je lui souhaite bien du plaisir et du succès, mais je tiens surtout à le remercier pour sa contribution à nos collectivités ainsi que, sur le plan personnel, pour les opportunités qu'il m'a offertes tant en écriture qu'en animation. Olivier est un homme qui cherche à valoriser les contributions de chaque membre de la communauté.
J'ai eu bien du plaisir. Le défi exigeait bien de l'élagage puisque le texte devait tenir en 1000 mots et je disposais d'environ deux semaines avant la date de tombée, en tout cas, moins de trois. De plus, je désirais plonger dans des mythes anciens, antérieurs au christianisme. Super stimulant!
Un nouveau dg est arrivé, Yvan Fortin, un autre individu engagé et connu dans le milieu. Je suis certaine qu'il saura rallier les communautés, tout comme Olivier l'a fait.
En tout cas, si vous avez le goût de lire ce texte, le numéro de Sortie devrait sortir (sans pléonasme) le 16 décembre 2014. Un conte de Noël, c'est pour tous et pour toutes!
© Colette Bazinet, 2014
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